
Fiscalité Crypto France 2026 : PFU 31,4%, Formulaire 2086 et Calcul des Plus-Values
La fiscalité des cryptomonnaies en France obéit à des règles propres : PFU 31,4%, méthode PMP du portefeuille global, formulaire 2086 et opérations imposables vs non imposables. Guide complet mis à jour 2026.
Lexa
Informations de l'article
- Temps de lecture
- 8 min
- Date de publication
Avertissement : Cet article est publié à titre informatif uniquement. PortailBroker.fr n'est pas un cabinet fiscal. Les informations présentées ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent évoluer. Consultez un expert-comptable ou un fiscaliste pour votre situation.
La fiscalité des cryptomonnaies en France a une particularité que beaucoup d'investisseurs ignorent : elle fonctionne selon des règles propres, distinctes de celles des actions ou des ETF. Méthode de calcul différente, formulaire dédié, traitement spécifique des échanges entre cryptos, régime particulier pour le staking... Ce guide couvre l'ensemble des règles applicables en 2026.
Ce qui a changé en 2026
Hausse du PFU à 31,4 % : depuis le 1er janvier 2026, la flat tax sur les plus-values de cessions d'actifs numériques est passée de 30 % à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Cette hausse fait suite à l'augmentation de la CSG sur les revenus du capital prévue par la LFSS 2026.
Mise en place progressive de DAC8 : la directive européenne DAC8 impose aux plateformes crypto d'échanger automatiquement des informations fiscales avec les administrations des États membres. Concrètement, les exchanges comme Binance, Kraken ou Coinbase transmettront progressivement les données de leurs utilisateurs européens aux fiscs nationaux — rendant la détection des omissions déclaratives plus systématique.
Opérations imposables vs non imposables
C'est le premier point à maîtriser : toutes les transactions crypto ne sont pas des événements fiscaux.
Opérations imposables (fait générateur de l'impôt)
- Vente de crypto contre de la monnaie fiat (euros, dollars...) : c'est l'opération imposable principale
- Utilisation de crypto comme moyen de paiement : acheter un bien ou un service avec du Bitcoin est assimilé à une cession
- Échange avec une soulte : dans certains cas d'échange impliquant une contrepartie en fiat
Opérations non imposables (neutralisées fiscalement)
- Échange de crypto contre crypto : échanger du Bitcoin contre de l'Ethereum, de l'ETH contre de l'USDC ou tout autre swap entre cryptos — aucun événement fiscal en France. C'est une différence majeure avec de nombreux autres pays.
- Transfert entre ses propres wallets : déplacer des actifs d'un exchange vers un hardware wallet ou entre deux wallets personnels n'est pas imposable
- Simple détention : acheter et conserver sans vendre ne génère aucune imposition
Le taux applicable : PFU ou barème progressif
Par défaut, les plus-values nettes de cession d'actifs numériques sont soumises au PFU de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS).
Sur option globale et irrévocable pour l'année, vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %. Cette option couvre l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année. Elle n'est avantageuse que si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %.
Le seuil de 305 € : si le total de vos prix de cession d'actifs numériques pour l'année est inférieur ou égal à 305 €, les plus-values réalisées sont exonérées d'imposition. Dès que ce seuil est dépassé — même d'un euro — l'intégralité des cessions de l'année redevient imposable.
La méthode de calcul : PMP du portefeuille global
C'est la règle la plus mal connue de la fiscalité crypto française, et source de nombreuses erreurs. La France n'utilise pas la méthode FIFO — elle impose une méthode de prix moyen pondéré (PMP) appliquée à la valeur globale du portefeuille, définie à l'article 150 VH bis du Code général des impôts.
La formule légale
Plus-value = Prix de cession - (Prix total d'acquisition × Prix de cession / Valeur globale du portefeuille)
La valeur globale du portefeuille désigne la valeur totale de l'ensemble de vos actifs numériques au moment de chaque cession — toutes plateformes et tous wallets confondus.
Exemple chiffré
Vous avez acheté progressivement des cryptos pour un coût total d'acquisition de 80 000 €. Au moment d'une vente, votre portefeuille vaut 180 000 € en valeur de marché. Vous vendez pour 90 000 € de cryptos.
Plus-value = 90 000 - (80 000 × 90 000 / 180 000)
= 90 000 - 40 000
= 50 000 €
PFU à 31,4 % sur 50 000 € = 15 700 € d'impôt.
Conséquence pratique : vous devez connaître à chaque instant la valeur totale de votre portefeuille crypto (toutes plateformes confondues) et le prix total d'acquisition cumulé de l'ensemble de vos actifs. Un suivi rigoureux de chaque transaction est indispensable.
Le formulaire 2086 — comment y accéder
Le formulaire 2086 est l'annexe dédiée à la déclaration des cessions d'actifs numériques. Il se remplit en ligne sur impots.gouv.fr lors de votre déclaration de revenus annuelle.
Accès :
- Connectez-vous sur impots.gouv.fr
- Lancez votre déclaration de revenus
- À l'étape "Revenus et charges", cherchez la section "Plus-values de cession d'actifs numériques"
- Le formulaire 2086 apparaît en annexe
Ce que vous renseignez pour chaque cession :
- Date de la cession
- Prix de cession
- Prix total d'acquisition au moment de la cession
- Valeur globale du portefeuille au moment de la cession
- Plus-value ou moins-value résultante
Toutes les cessions de l'année doivent être détaillées ligne par ligne, y compris celles générant une moins-value. Les résultats se reportent ensuite sur la déclaration principale 2042-C.
Les moins-values crypto : une différence cruciale avec les actions
Attention à cette règle souvent ignorée : les moins-values sur cessions d'actifs numériques ne sont pas reportables sur les années suivantes.
Elles viennent bien en déduction des plus-values de la même année, mais le solde négatif résiduel est définitivement perdu — il ne peut pas être imputé sur les plus-values de l'année suivante, contrairement aux moins-values sur valeurs mobilières classiques (actions, ETF) qui sont reportables sur 10 ans.
Cette différence fondamentale avec le régime des actions (formulaire 2074) est détaillée dans notre guide sur le formulaire 2074.
Staking, mining et lending — un régime différent
Ces activités ne relèvent pas de l'article 150 VH bis. Elles sont traitées comme des bénéfices non commerciaux (BNC) si elles présentent un caractère habituel, ou comme des revenus divers dans certains cas.
- Mining : revenus imposables à l'IR dans la catégorie BNC si exercé à titre habituel
- Staking : les récompenses reçues sont en principe imposables comme revenus ordinaires au moment de leur réception. La revente ultérieure des tokens reçus génère une plus-value soumise à l'article 150 VH bis
- Lending : les intérêts perçus en crypto sont imposables comme revenus
Ces activités nécessitent souvent l'accompagnement d'un fiscaliste spécialisé en raison de leur complexité et de l'évolution fréquente des positions de l'administration.
Déclaration des comptes sur plateformes étrangères
Binance (Malte), Kraken (États-Unis), Bybit (Dubaï), Coinbase (États-Unis), Bitpanda (Autriche)... La quasi-totalité des grands exchanges sont domiciliés hors de France. Leurs utilisateurs français sont soumis à l'obligation de déclarer ces comptes via le formulaire 3916-bis, indépendamment de la déclaration des plus-values.
Cette obligation s'applique même si le compte est vide ou inactif. Les hardware wallets (Ledger, Trezor) ne sont en revanche pas à déclarer. Les plateformes françaises comme Coinhouse sont exemptées.
L'amende en cas d'oubli : 1 500 € par compte et par année non déclarée. Notre guide sur le formulaire 3916 couvre la procédure complète.
Conserver ses justificatifs
L'administration peut demander la piste d'audit complète de vos calculs jusqu'à six ans en arrière. Conservez l'historique complet de toutes vos transactions (import/export, achats, ventes, échanges) depuis chaque plateforme utilisée.
De nombreux outils spécialisés (Waltio, Koinly, CoinTracking, DeclarAid...) permettent d'agréger automatiquement les transactions de plusieurs exchanges et de générer les rapports fiscaux au format français, incluant le calcul PMP et le pré-remplissage du formulaire 2086.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles fiscales peuvent évoluer. Consultez un expert-comptable ou un fiscaliste spécialisé en actifs numériques pour votre situation personnelle.
FAQ
L'échange de Bitcoin contre Ethereum est-il imposable ?
Non en France. L'échange entre cryptomonnaies (crypto-to-crypto) est fiscalement neutre — aucun événement imposable ne se produit. Seule la conversion en monnaie fiat (euros, dollars) ou l'utilisation de crypto comme moyen de paiement constitue un fait générateur de l'impôt.
Peut-on déduire les moins-values crypto des années précédentes ?
Non. Contrairement aux valeurs mobilières classiques (actions, ETF) dont les moins-values sont reportables sur 10 ans, les moins-values crypto ne sont pas reportables. Elles s'imputent uniquement sur les plus-values de la même année. Un solde négatif est définitivement perdu.
Le seuil de 305 € s'applique-t-il par transaction ou à l'année ?
À l'ensemble de l'année : si le total de vos prix de cession d'actifs numériques est inférieur ou égal à 305 €, toutes les plus-values de l'année sont exonérées. Dès que ce seuil annuel est dépassé d'un euro, l'intégralité des cessions redevient imposable.
Comment conserver ses justificatifs crypto ?
L'administration peut réclamer la piste d'audit complète jusqu'à 6 ans en arrière. Conservez les historiques complets de toutes vos transactions sur chaque plateforme. Des outils spécialisés (Waltio, Koinly, CoinTracking) agrègent automatiquement les données et génèrent les rapports fiscaux au format français.
Les hardware wallets (Ledger, Trezor) doivent-ils être déclarés ?
Non. Les wallets personnels (hardware ou software) ne sont pas à déclarer. Seuls les comptes ouverts auprès d'une plateforme étrangère (exchange) sont soumis au formulaire 3916-bis. Les transferts entre ses propres wallets ne sont pas imposables.